La bioluminescence par La Cité Verte

La bioluminescence par La Cité Verte

Deux protagonistes s’affrontent pour remporter la course à la production de lumière par les plantes. Techniques de production semblables, modèles économiques différents, et une même bille en tête : réussir un jour à remplacer nos éclairages public si coûteux en énergie par des plantes capables d’émettre de la lumière de façon autonome.

L’un s’appelle Glowing Plant, l’autre Bioglow. L’un s’est financé sur Kickstarter, l’autre est une entreprise autofinancée, mais les deux entités sont le fruit d’une expérience faîte par une équipe de l’Université de Cambridge en 2010 (qui faisait suite aux travaux d’ingénieurs en génétique de l’Université de Californie en 1986) portant sur la bioluminescence. Ces chercheurs ont réussi à implanter modifier le génome d’un plant de tabac sur le modèle de celui de la luciole, rendant la plante capable de produire sa propre lumière.

Un plant de tabac, avant de transformation et s'il était vendu par La Cité Verte !

Un plant de tabac, avant de transformation et s’il était vendu par La Cité Verte !

La bioluminescence est le procédé chimique qui conduit un organisme vivant à produire et émettre de la lumière. Dans le cas de la glowing plant, c’est grâce au séquençage du génome  responsable de cette réaction chimique chez la luciole en 1989 qui a permis de l’introduire dans la plante, et de la rendre autonome sur la production de lumière. Après plusieurs années de recherche, les deux équipes ont réussi à obtenir des résultats suffisamment satisfaisant pour clôturer une campagne Kickstarter à hauteur d’un demi-million de dollars ou vendre une quinzaine de leur plants, en moyenne à 300 dollars par plants.

À gauche, la "glowing plant" du projet Glowing Plant. À droite, l"autoluminescent plant" de Bioglow

À gauche, la « glowing plant » du projet Glowing Plant. À droite, l »autoluminescent plant » de Bioglow

Le procédé consiste à créer l’ADN responsable de la réaction chimique (qui va produire la lumière), à l’imprimer, puis à implémenter la séquence imprimée dans le génome ciblé (en l’occurrence celui de la plante).

Aujourd’hui, Glowing Plant propose en pré-commande sur son site sa plante « brillante », en graines ou en plants, et une espèce de rose transformée pour produire de la lumière. Prônant l’open source de leurs recherches, ils proposent même un maker kit permettant à l’acquéreur de créer ses propres graines. Les premières livraisons sont prévues pour Octobre, aux États-Unis seulement. Bioglow, eux, ont déjà bouclé une vente aux enchères sur Ebay de la première génération de leur Starlight Avatar. D’après une réponse formulée sur leur Facebook, les premiers clients seraient « plutôt satisfaits » de leur acquisition et toutes les plantes seraient en vie. Et si l’on en croit leurs estimations, la deuxième génération de la Starlight Avatar devrait produire vingt fois plus de lumière que la première :

À gauche, le spectre de la première génération des prototypes de la Starlight Avatar. À droite, le spectre de la deuxième génération, prometteuse.

À gauche, le spectre de la première génération des prototypes de la Starlight Avatar. À droite, le spectre de la deuxième génération, prometteuse.

Ces deux équipes ont par ailleurs la même ambition affichée : remplacer un jour l’éclairage public. Une équipe a même tenté de représenter ce que donnerait une rue éclairée par des arbres autoluminescents. Plus ou moins réussi.

Voici ce que donnerait une rue éclairée par des arbres autoluminescents selon eux. On aimerait leur dire d'arrêter la 3D et de se concentrer sur le séquençage !

Voici ce que donnerait une rue éclairée par des arbres autoluminescents selon eux. On aimerait leur dire d’arrêter la 3D et de se concentrer sur le séquençage !

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